Nitrates : une norme aux pieds d’argile…

Tel était le titre d’un article de « LA RECHERCHE » N° 339 de février 2001, par Marian Apfelbaum, professeur de nutrition à la faculté de médecine de Xavier-Bichat (Paris).

Un récent article sur l’innocuité des nitrates pour les adultes, mais aussi une émission de TV récente…m’ont fait retourner à cette source…

Extraits : « La consommation du nitrate est totalement inoffensive chez l’homme. Pendant des siècles on a utilisé en médecine les nitrates à des doses journalières de plusieurs grammes par prise, et au siècle dernier de plusieurs dizaines de grammes. Le salpêtre ou le nitre a servi et sert encore à la conservation de viandes ou de charcuteries, depuis des temps immémoriaux. On ne dispose pas d’expérience chronique récente chez l’homme (la prise unique de 8 g est inoffensive) ; chez les animaux, la toxicité est nulle…

Concernant les cancers, les expériences animales faites à des doses massives jusqu’à 2 500 mg par kg de poids corporel n’ont jamais montré d’augmentation de fréquence. Chez l’homme, les principales sources de nitrates sont les légumes. : 2 g par kg dans la laitue, les épinards, la betterave ; bien davantage dans les navets, la scarole ; moins dans d’autres légumes. Or de nombreuses études concordantes ont montré une corrélation inverse entre la fréquence des divers cancers et la consommation de légumes…(…argument décisif contre un rôle cancérogène significatif des nitrates.)

Au total, les données historiques, l’expérimentation animale, l’expérimentation aigüe humaine, et l’épidémiologie permettent de conclure que la consommation de nitrates est inoffensive chez l’homme sans limite de dose.

Dans les années 50, la maladie bleue du nourrisson, ou méthémoglobinémie, (provoquée par les nitrites) avait fait beaucoup de morts aux Etats-Unis. En 1962, la FAO décide que la dose journalière admissible est de 3,65 (!) mg.de nitrate (soit 5 mg de nitrate de sodium) par kg de poids corporel.

On avait supposé que les nitrates ingérés par le nourrisson étaient transformés par les bactéries du colon en nitrites, et réabsorbés, ce qui provoquait la maladie. Cette hypothèse s’est révélée fausse. Le fait que cette transformation ne se fasse qu’in vitro, dans le biberon ou les soupes de carottes a été depuis largement confirmé.

Ainsi, ne sont pathogènes que les préparations qui contiennent ou ont contenu des nitrates et des microbes susceptibles de les transformer en nitrites, le tout (mal) conservé à la température ambiante.

Les deux seuils -5 mg par kg de poids corporel et les 50 mg/L dans l’eau de boisson- semblent animés d’une vie propre. Les données plus récentes sur l’innocuité du nitrate chez l’homme n’y changent rien.

Comment en effet annuler les directives, décrets, circulaires, français et européens et les jugements condamnant la distribution d’eau nitratée, etc… ?

Le dossier des nitrates est exemplaire de ce que la prétention de la science à dire le vrai universel est de plus en plus contestée, entre autres à cause de l’évidente symbiose du scientifique et du politique, et de ce qu’un fait social puisse perdurer au-delà de ces causes. »

A suivre…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

sixteen − two =

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>